Conseils aux parents
Mon enfant est HPI : est-ce vraiment la cause de ses difficultés ?
Votre enfant est HPI. Mais est-ce que cela explique vraiment toutes ses difficultés au quotidien ?
Il comprend des choses complexes, pose des questions auxquelles vous ne savez pas toujours répondre et possède parfois des connaissances impressionnantes pour son âge.
Mais dès qu’il faut arrêter un jeu, faire ses devoirs ou accepter un refus, tout peut devenir compliqué.
Il négocie, se met en colère, pleure ou refuse de coopérer.
Et vous avez peut-être déjà entendu : « C’est normal, il est HPI. Il a besoin de comprendre. Il ressent tout plus intensément. »
Ces explications peuvent sembler rassurantes, surtout lorsqu’on cherche depuis longtemps à comprendre son enfant.
Mais une question mérite d’être posée : et si le haut potentiel n’expliquait pas tout ?
Le HPI, qu'est-ce que cela signifie réellement ?
Le haut potentiel intellectuel (HPI) désigne des capacités intellectuelles très supérieures à la moyenne, identifiées à l’aide d’une évaluation psychométrique réalisée et interprétée par un professionnel qualifié.
Il ne s’agit ni d’une maladie, ni d’un trouble du neurodéveloppement.
Et surtout, le HPI ne correspond pas à une personnalité unique.
Certains enfants à haut potentiel sont très à l’aise à l’école, d’autres rencontrent des difficultés. Certains sont sociables, d’autres plus réservés. Certains gèrent relativement bien leurs émotions, d’autres ont besoin d’aide pour apprendre à les réguler.
Être HPI ne signifie donc pas automatiquement être hypersensible, anxieux, opposant ou en difficulté avec les règles.
Chaque enfant possède son propre fonctionnement, son histoire, son tempérament et ses compétences en développement.
Pourquoi attribue-t-on si facilement certaines difficultés au HPI ?
Parce que lorsqu’un enfant a été identifié HPI, cette information peut devenir une grille de lecture de presque tous ses comportements.
Il refuse une consigne ? Il aurait besoin de sens.
Il s’ennuie en classe ? Son rythme intellectuel serait trop rapide.
Il se met en colère ? Il vivrait ses émotions plus intensément.
Il rencontre des difficultés avec les autres ? Il serait en décalage.
Ces hypothèses peuvent parfois apporter des éléments de compréhension. Mais elles ne suffisent pas à expliquer, à elles seules, ce qui se passe.
Prenons un exemple.
Votre enfant de 8 ans refuse de commencer ses devoirs.
Est-ce parce qu’il trouve les exercices trop répétitifs ? Parce qu’il a peur de se tromper ? Parce qu’il peine à organiser son travail ? Parce qu’il est fatigué après l’école ? Ou parce qu’il a appris que négocier lui permet de repousser ce moment désagréable ?
Les réponses possibles sont différentes. Les aides à proposer le seront également.
À savoir
Une étiquette peut aider à mieux connaître un enfant. Elle ne remplace pas l’observation de ses difficultés.
Et si certaines difficultés faisaient simplement partie de son développement ?
Un enfant peut comprendre des raisonnements complexes et rencontrer encore des difficultés à attendre, à perdre, à gérer une frustration ou à s’organiser.
Cela peut surprendre les adultes.
Puisqu’il comprend si bien certaines choses, on peut avoir tendance à attendre de lui la même maturité dans tous les domaines.
Pourtant, les capacités intellectuelles ne déterminent pas à elles seules les compétences émotionnelles, sociales ou d’autonomie.
Un enfant de 7 ans HPI reste un enfant de 7 ans.
Il a encore besoin d’apprendre à patienter, à accepter certaines limites, à reconnaître ses émotions et à résoudre les petits conflits du quotidien.
Ces apprentissages ne deviennent pas automatiques parce qu’il possède de grandes capacités de raisonnement.
Il est donc important de distinguer ce que votre enfant comprend de ce qu’il est actuellement capable de faire.
Le tempérament joue aussi un rôle
Certains enfants sont naturellement plus prudents face à la nouveauté, plus actifs, plus persévérants ou plus réactifs à la frustration.
Ces différences de tempérament existent chez tous les enfants, qu’ils soient HPI ou non.
Un enfant peut aimer discuter longuement, défendre son point de vue et chercher à comprendre les décisions des adultes.
Cela ne signifie pas nécessairement que chaque consigne doit faire l’objet d’une négociation.
On peut reconnaître son besoin d’explication tout en lui apprenant progressivement qu’une règle peut rester valable même lorsqu’il n’est pas d’accord.
L’enjeu est de respecter sa manière d’être sans considérer que certains comportements sont impossibles à faire évoluer.
Le HPI peut-il coexister avec d'autres difficultés ?
Oui.
Un enfant HPI peut également présenter un TDAH, un trouble du spectre de l’autisme, un trouble spécifique des apprentissages ou des difficultés anxieuses, par exemple.
Le haut potentiel ne protège pas de ces difficultés et ne permet pas non plus de les diagnostiquer.
Il arrive qu’un enfant possède d’excellentes capacités de raisonnement tout en rencontrant de grandes difficultés pour maintenir son attention, écrire, organiser ses affaires ou gérer certaines situations sociales.
Ses points forts peuvent parfois masquer ses fragilités. À l’inverse, ses difficultés peuvent empêcher ses capacités intellectuelles de s’exprimer pleinement.
C’est pourquoi il est important de ne pas tout attribuer au HPI lorsqu’une difficulté est persistante, importante ou qu’elle retentit sur sa scolarité, ses relations ou son bien-être.
Une évaluation adaptée auprès d’un professionnel de santé ou d’un psychologue compétent peut alors être utile pour mieux comprendre son fonctionnement et rechercher d’éventuelles difficultés associées.
Comment savoir ce qui explique réellement les difficultés de votre enfant ?
Plutôt que de partir directement de son HPI, je vous propose de partir d’une situation précise.
Par exemple : votre enfant se met régulièrement en colère lorsqu’il perd à un jeu.
Vous pouvez vous poser plusieurs questions.
– Que se passe-t-il juste avant sa colère ?
– Est-ce qu’il réagit de la même façon avec tous les jeux ?
– Que fait-il lorsqu’il perd avec ses amis, à l’école ou avec d’autres adultes ?
– Quelles compétences semblent lui manquer à ce moment-là ?
– Qu’est-ce qui l’aide à accepter progressivement la défaite ?
Ces observations peuvent faire apparaître plusieurs pistes : une difficulté à tolérer la frustration, une peur de l’échec, une forte importance accordée à la réussite ou encore un manque de stratégies pour réagir autrement.
Il ne s’agit pas de choisir immédiatement une explication.
Il s’agit de comprendre ce qui se répète et dans quelles circonstances.
C’est à partir de cette compréhension que l’on peut commencer à agir de manière plus adaptée.
Pourquoi les explications ne suffisent-elles pas toujours ?
Vous avez peut-être déjà passé beaucoup de temps à discuter avec votre enfant.
Vous lui avez expliqué pourquoi il faut respecter les règles, pourquoi il ne peut pas toujours gagner ou pourquoi certaines tâches doivent être réalisées.
Et il a parfaitement compris.
Pourtant, le lendemain, la même difficulté recommence.
Cela peut être décourageant.
Mais comprendre une règle et parvenir à l’appliquer dans une situation émotionnellement difficile sont deux compétences différentes.
Un enfant peut savoir expliquer ce qu’il aurait dû faire, sans encore parvenir à le faire au bon moment.
Il a alors besoin d’occasions de s’entraîner, d’un cadre cohérent et d’un accompagnement adapté à ses capacités actuelles.
L’objectif n’est pas de lui répéter davantage ce qu’il sait déjà.
C’est de l’aider à transformer progressivement cette compréhension en compétences utilisables dans son quotidien.
Comment la guidance parentale peut-elle vous aider ?
Lorsque les difficultés se répètent, il devient parfois compliqué de distinguer ce qui relève du haut potentiel, du développement de l’enfant, de son tempérament ou d’une autre difficulté.
Vous avez peut-être déjà essayé de nombreuses choses : expliquer davantage, adapter vos exigences, négocier, proposer des responsabilités ou modifier les routines.
Certaines stratégies fonctionnent un temps. D’autres semblent ne rien changer.
La guidance parentale peut vous aider à sortir de cette accumulation d’essais pour retrouver une direction plus claire.
Dans mon accompagnement CAP HPI, nous partons de votre quotidien et des situations qui posent réellement problème.
Nous prenons le temps d’identifier les comportements qui vous préoccupent, les circonstances dans lesquelles ils apparaissent et les compétences que votre enfant a besoin de développer.
Nous cherchons ensuite des réponses concrètes, adaptées à son âge, à son fonctionnement et à votre organisation familiale.
Cela peut concerner les limites, les frustrations, les relations avec les autres, l’autonomie ou les situations de conflit.
Et lorsque les observations suggèrent qu’une autre difficulté pourrait être présente, je vous aide à identifier les démarches ou les professionnels vers lesquels vous orienter.
La guidance parentale ne remplace pas une évaluation diagnostique ou un suivi de santé lorsqu’ils sont nécessaires. Elle permet de travailler sur les situations éducatives du quotidien, sans attendre que toutes les réponses soient connues.
L’objectif n’est pas de changer la personnalité de votre enfant ni de réduire ses particularités.
Il est de l’aider à développer les compétences dont il a besoin pour mieux vivre certaines situations, tout en vous donnant des repères concrets pour l’accompagner.
Un premier pas à essayer cette semaine
Choisissez une difficulté que vous attribuez habituellement au HPI de votre enfant.
Pendant quelques jours, essayez de la décrire sans utiliser le mot « HPI ».
Au lieu de « Il refuse parce qu’il est HPI et qu’il a besoin de sens », observez par exemple :
« Quand je lui demande d’éteindre la console, il négocie pendant quinze minutes. Cela arrive surtout lorsqu’il n’a pas été prévenu de la fin du jeu. »
Cette description ne donne pas encore toutes les réponses.
Mais elle vous permet d’identifier une situation précise sur laquelle vous pouvez commencer à travailler.
Votre enfant est bien plus que son haut potentiel.
Le comprendre, c’est aussi regarder ses forces, ses besoins, ses difficultés et les compétences qu’il peut encore acquérir.

Delphine Giummarra
Guidance parentale spécialisée – TDAH, TSA et HPI
J’accompagne les parents d’enfants de 4 à 12 ans à mieux comprendre ce qui bloque dans leur quotidien et à savoir concrètement quoi faire différemment.
Vous avez du mal à comprendre ce qui bloque au quotidien ?
Avec CAP HPI, je vous accompagne pour analyser les situations difficiles et construire progressivement des réponses adaptées à votre enfant et à votre famille.